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Par Wissam Lattouf | Globco Contenu partenaire

Hausse des taux et risques opérationnels : comprendre le nouveau contexte maritime

L'industrie mondiale du transport maritime fait actuellement face à des défis majeurs, largement attribuables à l'instabilité géopolitique au Moyen-Orient et au conflit persistant impliquant l'Iran. Cette situation a une incidence directe et mesurable sur les opérations et les coûts du transport de marchandises, notamment par l'augmentation des surcharges de carburant, la croissance des risques liés à la sécurité et les perturbations des activités portuaires causées par des actes d'hostilité et des attaques contre les infrastructures maritimes.

Structure des taux de fret maritime

Pour comprendre comment le conflit actuel influe sur les prix, il est essentiel d'examiner d'abord la façon dont les transporteurs maritimes établissent leurs tarifs. Un taux de fret maritime n'est pas un frais unique, mais plutôt une combinaison de plusieurs composantes :

  • Taux de base : Le coût fondamental du transport de la marchandise du port d'origine au port de destination.
  • Surcharge de carburant (BAF - Bunker Adjustment Factor) : elle ajuste le taux de fret en fonction des fluctuations du prix du carburant.
  • Ajustement monétaire (CAF - Currency Adjustment Factor) : Une surcharge appliquée pour compenser la volatilité des taux de change.
  • Frais de manutention terminale (THC - Terminal Handling Charges) : Frais perçus aux ports d'origine et de destination pour la manutention des conteneurs et les services portuaires.

En plus de ces frais standards, les lignes maritimes peuvent appliquer d'autres suppléments selon les conditions du marché et les caractéristiques de la cargaison, tels que des frais de congestion ou des surcharges de haute saison (PSS).

Coûts du carburant et hausse des tarifs de fret

Dans le contexte mondial actuel, le principal facteur d'augmentation des coûts de transport maritime est le BAF. Les prix du carburant ont grimpé en flèche à l'échelle mondiale en raison des tensions géopolitiques et de la fermeture du détroit d'Ormuz — un corridor maritime névralgique pour les pétroliers. Les transporteurs répercutent directement ces coûts d'exploitation accrus sur les expéditeurs.

Au-delà des augmentations habituelles du BAF, les transporteurs peuvent également imposer des frais supplémentaires tels qu'une surcharge de carburant d'urgence (EFS). Le montant et l'application de ces suppléments varient selon la ligne maritime, mais ils contribuent collectivement à la hausse des taux globaux et réduisent la prévisibilité des coûts pour les entreprises.

Risques de guerre et enjeux de sécurité dans le golfe Persique

Le risque accru d'attaques contre les navires et les infrastructures portuaires constitue une autre préoccupation majeure pour les expéditions à destination ou en provenance de la région du golfe Persique. Ces menaces pèsent lourdement sur la sécurité des équipages, des navires et des exploitants de terminaux, rendant les opérations de plus en plus complexes dans les zones de conflit.

Face à des risques de guerre actifs, les transporteurs choisissent souvent d'éviter complètement les zones touchées. Il s'agit non seulement d'une mesure de sécurité, mais aussi d'une nécessité financière : les assureurs peuvent refuser de couvrir les dommages ou les pertes découlant d'actes de guerre. Sans couverture d'assurance, l'exploitation dans ces régions devient commercialement non viable.

Décisions opérationnelles des transporteurs maritimes

En réponse à ces risques, les lignes maritimes peuvent prendre plusieurs mesures, chacune entraînant des conséquences sur les coûts et les délais pour les expéditeurs :

  • Surcharge pour risques de guerre (WRS) : Un supplément appliqué pour compenser l'augmentation des primes d'assurance et des risques opérationnels.
  • Détournements portuaires : La cargaison peut être déchargée au port sécuritaire le plus proche plutôt qu'à la destination finale. Les marchandises sont ensuite acheminées par voie terrestre jusqu'à destination. Cela entraîne des frais de déroutement, des délais de transit prolongés et des coûts additionnels importants qui varient selon la distance et l'état des infrastructures locales.

Ces mesures provoquent souvent de graves retards dans les cédules de livraison et augmentent les dépenses logistiques, ce qui peut s'avérer particulièrement difficile pour les expéditeurs.

Déclaration de « fin de voyage » et exposition de l'expéditeur

La mesure la plus radicale qu'un transporteur puisse prendre est de déclarer une « fin de voyage ». Dans ce scénario, le transporteur résilie le contrat de transport et n'est plus tenu de livrer la marchandise à la destination finale initialement prévue. La cargaison est déchargée dans un port sûr à proximité et mise à la disposition de l'expéditeur.

À ce stade, l'expéditeur doit décider de la suite des procédures : organiser lui-même le transport ultérieur, retourner la marchandise à l'origine, chercher un acheteur dans le nouveau pays de déchargement ou abandonner l'expédition si les coûts excèdent la valeur des biens.

Importance de l'assurance marchandises

Ces scénarios démontrent clairement pourquoi l'assurance marchandises est essentielle, particulièrement en période d'instabilité géopolitique. Une couverture adéquate peut protéger les expéditeurs contre les pertes financières en cas d'événements extrêmes, garantissant qu'ils ne soient pas laissés sans recours lorsque des circonstances imprévues perturbent leurs chaînes d'approvisionnement.

Globco Photo Wissam Lattouf
Wissam Lattouf | Expert en logistique et chaîne d'approvisionnement
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